« Beat Generation. New York, San Francisco, París »

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22 jun 2016 / 3 oct 2016

Le Centre Pompidou présente Beat Generation, une rétrospective inédite consacrée au mouvement littéraire et artistique né à la fin des années 1940 et étendant son influence jusqu’à la fin des années 1960. C’est tout le Centre Pompidou qui se met à l’heure de la Beat Generation à travers une riche programmation d’événements conçue avec la BPi et L’Ircam, en écho à l’exposition: lecture, concerts, rencontre, cycle de films, colloque, programmation au Studio 13/16, etc.

 

 

« La Beat Generation, c’est une vision qu’on a eue [...] à la fin des années 1940, d’une génération de mecs dans le coup (hipsters), dingues et illuminés s’élevant soudain et parcourant l’Amérique, cinglés, vivant dans la rue, allant d’un endroit à un autre en stop, déguenillés, béats et beaux d’une manière moche, gracieuse, nouvelle – vision inspirée de la façon dont on avait entendu le mot beat employé au coin des rues à Times Square et à Greenwich Village, dans d’autres villes dans la nuit des centres villes de l’Amérique de l’après-guerre – beat, c’est-à-dire dans la dèche, mais remplis d’une intense conviction. »
Jack Kerouac, « Aftermath: The Philosophy of the Beat Generation », Esquire, mars 1958, p. 24

 

 

La Beat Generation, mouvement littéraire et artistique apparu à la fin des années 1940 aux États-Unis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et aux premiers jours de la guerre froide, scandalise l’Amérique puritaine et maccarthyste et préfigure la libération culturelle, sexuelle et le mode de vie de la jeunesse des années 1960 : rejetant le scientisme et les idéaux technologiques occidentaux, le racisme et l’homophobie, défendant une nouvelle éthique tribale et l’usage des psychotropes, il a directement inspiré les mouvements de mai 1968, l’opposition à la guerre du Vietnam, ou encore les hippies de Berkeley, de Woodstock et du monde entier.

D’abord perçus par la culture dominante comme des rebelles subversifs, les beats apparaissent aujourd’hui comme les acteurs d’un mouvement culturel parmi les plus importants du 20è siècle.
Les œuvres littéraires beat, accueillies avec mépris et suspicion, font aujourd’hui partie du canon de la littérature américaine et sont enseignées dans les universités. Le terme « beat », emprunté à l’argot des rues signifie « cassé, pauvre, sans domicile » et reconduit le mythe romantique et bohème de la génération perdue. L’écrivain d’origine franco-canadienne Jack Kerouac, dont le roman Sur la route (1957) reste la pierre angulaire du mouvement, y ajoutera une nuance contemplative : dans « beat », il faut aussi entendre selon lui « béatitude ». C’est ainsi que la Beat Generation témoigne d’un attachement profond aux grands espaces, à la nature et aux spiritualités chamaniques dans lesquelles l’homme est partie intégrante du Cosmos. Enfin, dans « beat », on remarque le tempo du bop, qui reste, notamment à travers la figure de Charlie Parker, la musique organiquement liée au mouvement : c’est d’ailleurs la culture jazz et le be-bop qui inspireront à la poésie beat sa prosodie, son rythme et ses techniques d’improvisation.

Si le groupe se constitue à New York avec la rencontre à l’Université Columbia en 1944 de Jack Kerouac, William Burroughs et Allen Ginsberg, rejoints plus tard par Gregory Corso, il se déplace en Californie dans les années 1950, dans le quartier de North Beach: la librairie City Lights et la maison d’édition de Lawrence Ferlinghetti lui serviront de catalyseur. C’est à San Francisco, à la Six Gallery sur Fillmore Street qu’Allen Ginsberg lit son poème Howl en 1955, lecture qui sera à l’origine d’un retentissant procès et contribuera à la renommée des écrivains beat. Paris sera le lieu d’élection européen de ce mouvement, essentiellement nomade : leur lieu de rassemblement sera le « Beat Hotel », rue Git-le-Coeur où résidèrent, également dans les années 1950-1960, Burroughs, Corso, Ginsberg, Orlovsky et Gysin et où ils entrent en relation avec des artistes français comme Jean-Jacques Lebel, l’un des passeurs les plus actifs de la culture beat en France. Le Beat Hotel qui fut, en même temps qu’un espace traversé par la magie, un véritable laboratoire pour les expérimentations visuelles et sonores. C’est notamment là que Gysin et Burroughs élaborèrent la technique du cut-up.

En dehors de New York, San Francisco et Paris, la géographie beat s’étend au Mexique où artistes, écrivains, photographes et cinéastes trouvèrent des modèles d’existence alternative en même temps que des voies d’accès à la pensée et aux cultures indiennes, à Tanger (où Ginsberg, Burroughs ou Gysin, rejoignant Paul Bowles, firent des séjours prolongés), et à l’Inde et au Japon où Ginsberg et Orlovsky rejoignirent Garry Snyder à la recherche des fondements de la philosophie zen.

L’exposition « Beat Generation » est organisée géographiquement, en suivant comme axe idéale la route analogique tracée par l’immense rouleau tapuscrit de Sur la route, et elle est divisée en trois grandes sections (New York, Californie, Paris) avec deux espaces plus restreints dédiés au Mexique et à Tanger. Bien que cadrée historiquement entre 1944 et 1969, l’exposition est néanmoins marquée par quelques incursions dans le contemporain. Un exemple est l’installation d’Allen Ruppersberg Singing Posters (2003-2005), directement inspirée du poème Howl d’Allen Ginsberg, dont la pièce expose la transcription phonétique. Afin de souligner l’intérêt crucial porté par les écrivains beat vers les technologies d’enregistrement et de reproduction mécanique, une charte d’influences centrée sur la question est produite à cette occasion par Franck Leibovici.

 

 

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PDF Jack Kerouac-En-el-camino

 

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